Sao Miguel, l’île verte

LOL n°52

Bonjour à tous,

C’est bien simple, plus le temps passe et plus notre escale aux Açores nous enchante ! Beauté des paysages, propreté des lieux, chemins de randonnées, plages, parcs, prix bon marché (le café à 55 centimes d’euro !!), tranquillité de la vie locale et surtout, surtout, simplicité et gentillesse des Açoréens, que demander de plus pour la dernière escale de notre beau voyage ? Oui, nous sommes comblés et cette escale nous offre ainsi le plus beau cadeau : finir en beauté notre voyage ! 

Villa da Porto franco ou Ponta Delagada ? Il faut choisir !

Sao Miguel est donc la quatrième île que nous visitons, après Faial, Sao Jorge, et Santa Maria. C’est la plus grande, la plus peuplée, la plus active aussi. En arrivant de Santa Maria, nous visions d’abord Villa do Porto Franco, une bourgade au sud est de l’île. Mais en arrivant à proximité de l’île nous nous rendons compte rapidement que le mouillage est loin d’être idéal, exposé à la houle d’est et donc certainement rouleur. Ayant désormais une certaine expérience en la matière (le mouillage), nous choisissons donc de nous rabattre sur le port. Mais question : ce dernier est-il ouvert ? Avec le Covid, de nombreuses infrastructures touristiques sont fermées, telle que les ports. Nous décidons donc de nous dérouter sur Ponta Delagda, la capitale de l’île, à quelques milles plus à l’ouest.

Punta Arena, une partie du port

Sur place nous retrouvons nos amis d’Areiti, Pierre et Dominque, rencontrés à Horta (nous étions arrivés le même jour sur place, eux de Martinique, nous des Bermudes), et faisons connaissance de leurs épouses respectives, fraichement débarquées de France : Sylvie et Sylvie ! Pour la petite histoire, (ils en rigoleront certainement en nous lisant !), Pierre et Sylvie, à quelques heures d’intervalle, se sont retrouvés tous les deux handicapés la faute à une mauvaise chute : Pierre fracture de la rotule en tombant sur un winch, Sylvie, deux jours après son arrivée, fracture du pieds en randonnant dans la Caldeira de Faial. Faut-il mettre cette malheureuse coïncidence sur le compte de l’émotion des retrouvailles, ou du mystérieux mimétisme de couple ?? En tout cas, c’est un drôle de spectacle (pour nous, mais certainement pas pour eux !) que de les voir déambuler cahin caha, claudiquant sur leurs béquilles, le long du ponton ! Restent que leur bonne humeur et leur gentillesse ne sont nullement entamées par la circonstance. Nous passons un agréable moment en leur compagnie et celles de Dominique et Sylvie sur leur joli bateau, un Sun Fizz soigneusement entretenu. Ils s’apprêtent à rentrer en France (Marseille) et Dominique, en bon copain, reste à bord pour épauler les deux éclopés ! Ça, c’est du bon esprit, typique des bons marins ! Nous leur larguons les amarres le jour de leur départ. Un geste toujours fort et empreint d’émotion chaque fois qu’il se pratique. Bons vents les amis et rendez-vous à Marseille ou en terre bretonne si un jour votre sillage vous y mène !

22 juillet, 44 bougies sous le signe du bonheur !

Eh oui, en cette belle journée, je fête mes 44 bougies. Pour l’occasion, Caroline et les enfants mettent les petits plats dans les grands ! Un délicieux repas, steak de bœuf local, pommes de terre sautées à la graisse de canard (merci Aimalaia !), et un gâteau chocolat crème de marron délicieux, (avec le dernier pot de crème de marron acheté en Martinique !). Caro a dévalisé la boutique de souvenirs de Chez Peter (le café des sports de Horta), avec deux polos et … une chemise en vue de ma prochaine « rentrée des classes » (le clin d’œil me fait moyennement sourire !!). Les enfants eux ont fabriqués des cadeaux maison. Pierre-Louis m’offre ainsi un rapala (un leurre de pêche), fait avec un tube de dentifrice, des plumes et un bouchon de liège, dont la ressemblance avec le poulpe (ce qu’il doit justement imiter) est plus vraie que nature ! Jean et Juliette me gratifient eux de dessins et de collages avec moults cœurs et force déclaration d’amour. Bref, je suis comblé, et surtout d’attaque pour envisager avec bonheur et sérénité l’année de mes 45 printemps !

Lac de Fogo

A la découverte de l’île : on ressort tentes, duvets et matériel de camping. C’est parti pour trois jours d’exploration.

Sao Miguel est la plus grande des iles des Acores. Elle fait une cinquantaine de kilomètres de long, pour une 20 de large, et avec ses belles routes bien entretenues, se visitent très facilement. Après notre expérience à Sao Jorgue, nous n’avons qu’une hâte, ressortir le matériel de camping pour aller découvrir l’île, y randonner, en respirer l’air et en humer l’esprit !

Notre première journée nous mène sur les abords du volcan (désormais éteint) do Fogo, ses pentes et son lac. Nous sommes enchantés des paysages que nous y découvrons, des routes pavées, des vallées encaissées, des hautes haies d’hortensia bordant les chemins et encadrant les pâturages. La côte nord est semée de sources d’eau chaude. L’air sent partout le souffre, les champs fument de vapeur d’eau et de gaz carbonique. Lors d’un stop au fond d’une vallée encaissée, nous parvenons à quelques pas d’une source naturelle, de l’eau gazeuse délicieuse. On en fait provision pour plusieurs jours.

Le soir, alors que nous n’avons toujours pas de campement pour la nuit, nous arrivons aux abords du Lagoa do Fogo. Comme tout lac de montagne, le spectacle est magnifique : Dans l’eau immobile se reflètent les montagnes, aux couleurs miel du soir. Tout est silence, calme et sérénité… pour peu qu’on fasse abstraction naturellement des cris stridents de Jean, des hurlements joyeux de Juliette et des questions incessantes de Pierre-Louis sur la différence entre F16 et Rafale F1 ou F2 je ne sais plus… On adore nos enfants… Passons.

Sur les rivages du lac, nous remarquons des plages de sable. Ni une ni deux la décision est prise : nous dormirons au pied du lac ! Nous descendons donc, par un chemin abrupt, la centaine de mètres de dénivelé qui nous sépare du lac. Les enfants sont enchantés, nous aussi. Nous plantons nos tentes, préparons le diner, pendant que Jean et Juliette jouent au Uno et que Pierre-Louis finit pour la troisième fois l’Ile mystérieuse de Jules Vernes.

Le lendemain, nous profitons un peu des rivages du lac, et en remontant nous remarquons un panneau qui indique « camping interdit » oups…. puis repartons vers une autre curiosité touristique de l’île : Les sources d’eau chaude de Furnas. En raison du Covid 19, elles sont malheureusement fermées. Mais nous assistons tout de même à un spectacle étonnant. Les week ends, les Açoréens n’ont qu’une seule occupation, qu’un seul projet en tête : aller pique-niquer dans l’un des très nombreuses aires dédiées à cet effet – et systématiquement pourvues d’un barbecue parce que le pique-nique aux Acores ne peut s’envisager sans une côte de bœuf à griller (c’est le plat national, ce qui est fort peu étonnant lorsqu’on voit le nombre de bovins, vaches, veaux et bœufs, sur cet archipel). A Furnas, en guise de barbecue, les locaux ont une autre spécialité : faire cuire leur viande ou leur plat au « cosi », c’est à dire dans un four naturel chauffé par la géothermie (les sources d’eau chaude). Dans le sol fumant sont donc creusés des dizaines de trous, dans lesquels des agents municipaux préposés à cette activité, ensevelissent les gamelles des habitants. Une étiquette, un nom, une date et une heure, et le tour est joué ! Il faut au moins 7 à 8 heures de cuisson pour un bon ragout, autant dire qu’il faut s’y prendre à l’avance, mais pas d’inquiétude, les gens ont l’air d’avoir bien l’habitude. Cette technique me fait un peu penser à celles des calédoniens qui sur les îles font cuire leur mets dans des fours à même le sol, avec des feuilles de palmiers. Délicieux !

Les parque forestal et le barbecue du week-end, une institution açorienne.

Le soir, nous trouvons un nouveau campement dans un parc forestier, là aussi une autre curiosité de l’île. Ces parcs, magnifiquement entretenus, avec chemins aménagés dans la forêt, aire de jeu pour enfants, terrains de foot ou de volley pour les grands et naturellement aire de barbecue (avec les buches de bois gracieusement préparées), sont à la disposition des gens, locaux ou visiteurs. Non payants, ils sont d’une propreté irréprochable. Ce soir-là, nous sommes les seuls à en profiter. Le parc est pour nous ! Nous nous faisons donc cuire, à la mode Açoréenne, nos saucisses et notre entrecôte, pendant que nous nous douchons en plein air grâce à l’eau des sanitaires. Le diner est joyeux, les enfants en redemandent. Nous finissons la soirée en beauté avec les très attendus shamallows au barbecue que Jean et Juliette nous réclament sans discontinuer depuis qu’ils les ont découverts au matin (la faute à Bibi, griiiiiiiiii). Profitant de l’absence totale de visiteurs, nous plantons notre tente dans ce parc magnifique, à l’abri des sapins. La nuit sera excellente. Au matin, nous sommes réveillés par les agents municipaux qui viennent entretenir les lieux. Ils ont l’air désolé de nous réveiller avec leur tronçonneuse…

La terre bouillonne
Sources chaudes au lac de Furnas
Cuisson des plates à l’étouffé dans le souffre
Siete Cidade
Siete Cidade, le lac bleu au fond, le lac vert au 1er plan

Les marches dans la montagne ! Des enfants qui marchent, qui parfois rouspètent, parfois nous régalent

Les ballades et autres randonnées en montagne avec nos enfants ne sont pas toujours une sinécure ; s’ils ne râlent pas trop pour s’y engager, ce qui est déjà beaucoup, en revanche vous pouvez être sûrs qu’à un moment ou à un autre, il va y avoir des larmes, des cris, des échanges de noms d’oiseaux, voire des bagarres ! Pierre-Louis et Jean à force de se chercher et de se taquiner se disputent régulièrement comme des chiots enragés ! Dans ces cas-là, poussé à bout par son frère (ou par sa sœur), Jean, notre bon Jeannot, si drôle quand il est de bonne humeur, est capable de se transformer à la manière des terrifiants grimlin’s ou du fascinant Docteur Jekyll, prenant alors le visage épouvantable de l’affreux Mister Hyde…

Juliette elle réclame systématiquement son histoire pour avancer. Je vous avoue que depuis quelques semaines, quelques mois, je suis un peu à court ! alors quand je lui réponds que non, décidément, je n’ai pas d’histoire à lui raconter, elle s’arrête net, et refuse tout bonnement de mettre un pied devant l’autre… Quand au bout de 100 mètres on se retourne et qu’on constate avec dépit qu’elle n’est plus là, la patience a des limites si vous voyez ce que je veux dire…

Heureusement, à ces moments ingrats succèdent souvent des moments d’émerveillement et de grâce : Pierre-Louis et ses questions existentielles sur la vie après la mort, puis, l’instant d’après s’interrogeant de manière tout à fait sérieuse sur le métier d’ingénieur aéronautique chez Dassault ; Jean et ses envies de tour du monde, hésitant quant à son avenir professionnel à lui entre rugbyman et archéologue ; Juliette et ses histoires sans fin, avec moults rebondissements et incroyables fausses routes. Pas de doute, on en a pour notre argent !

Pendant que les parents travaillent, les enfants jouent au foot

A Ponta Delgada, comme nous l’avons évoqué plus haut, nous retrouvons plusieurs bateaux-amis rencontrés ces derniers temps. C’est le cas de l’équipage allemand d’Oktant, un magnifique Outemer 45, de Wolfram et Mal

goschia (elle est polonaise) et leurs enfants Johannes et William, fans de football. A défaut d’Euro de foot, on aura donc quand même droit à plusieurs matchs France -Allemagne cette année, peut être pas aussi mythique que les fameux Séville 1982 ou Mexique 1986, mais en tout cas tout aussi disputés et haletants ! Les enfants (Pierre-Louis et Jean) y passent leurs journées, commençant leur première partie dès la fin du petit déjeuner, et le terminant leur dernier match juste avant d’aller se doucher.

Cela tombe bien car nous les parents, avons beaucoup à faire sur le bateau pour le préparer en vue de l’arrivée et surtout pour sa vente future. Un bateau, c’est toujours mille petits bricolages qu’on remet souvent à plus tard mais qu’il faut quand même exécuter un jour ou l’autre sous peine de voir le bateau se dégrader rapidement. Le teck du pont en est une bonne illustration : le nettoyage que nous lui faisons subir est salutaire. L’eau est noire, de la poussière de Dakar, de la boue de République Dominicaine, du sable des Bahamas. Avec Caroline, nous nous y attelons pendant plusieurs heures, à frotter, poncer, nettoyer et lubrifier. Le résultat est à la hauteur de l’énergie dépensée ! Le pont a repris une nouvelle jeunesse, cela fait plaisir à voir. Restent la coque à nettoyer, les inox à lustrer, les rails de fargue à astiquer… Tout ne pourra pas être fait d’ici notre retour en France, mais au moins avons-nous la satisfaction d’avancer un peu dans notre « to-do list », la liste des choses à faire.

La culture de thé date de la fin du 19e s, initiée pour remplacer celle de l’orange
La feuille de Thé
Cha Corréana est le dernier producteur de thé a Sao Miguel, et le seul en Europe !

La gentillesse des Açoriens, une valeur exceptionnelle.

Dans la vie quotidienne, croiser une personne gentille, bienveillante, ou digne de confiance est par chance assez fréquent. Ce qui est plus rare, c’est faire l’expérience de tout un peuple partageant ces mêmes qualités ! Pour la première fois de notre voyage, nous en faisons l’expérience aux Açores. On pourrait rebaptiser cet archipel le pays de la gentillesse – il faudrait que je trouve la traduction en portugais : le directeur du port qui nous accueille comme des amis, au petit soin pour notre confort ; le policier qui déchire, en nous voyant courir à lui avec les enfants, la contravention qu’il s’apprêtait à mettre sur notre pare-brise pour stationnement illicite ; la dame du marché qui nous tend des masques en papier parce qu’elle se rend compte que nous avons oublié le nôtre et que nous sommes bien ennuyés pour y pénétrer ; la dame sur le l’aire de pique-nique, vous apportant spontanément braise et allume-feux pour vous aider à démarrer votre feu de bois. Ce ne sont que gestes de sollicitude, actes de bienveillance, paroles bien intentionnées. Et cela fait du bien !

Un soir, alors que nous sommes en camping avec les enfants dans un parc forestier, nous nous retrouvons à côté de tout un joyeux groupe de voisins d’un même village venus festoyer ensemble, dans ce lieu idyllique. La trentaine de personnes rassemblée là réunit plusieurs générations, de la vieille dame bien ridée, au bambin tout neuf. Spontanément, ils nous proposent de nous joindre à eux, nous offrant des spécialités culinaires cuisinés par leurs soins, et invitant les enfants à chanter et danser avec eux.

A la fin de la soirée, nous discutons plus intiment avec Margarita et Miguel (prononcez Miguel et non Migouel à l’espagnol). Elle est professeur d’anglais dans la bourgade de Nordeste, la ville au mord est de l’île et lui est … j’ai oublié de lui demander. Ils nous parlent de leur île, des défis qui les attendent avec le départ massif des jeunes qui ne veulent pas reprendre les fermes de leurs parents. Leur gentillesse et leur simplicité sont bonnes comme du bon pain ! On aurait bien poursuivi l’échange mais un coup de fil vient interrompre notre discussion : ils ont les clés de la maison et leurs enfants qui sont partis plus tôt les attendent devant la porte !

Si vous nous lisez, Margarita et Miguel, on vous salue bien amicalement ! Merci à vous et à travers vous, à tous les Açoréens, de votre accueil et votre gentillesse, nous nous sommes régalés chez vous !

Lac de Fogo

Nos enfants, meilleurs animateurs de « radio ponton » !

Pendant plusieurs jours, pendant que nous étions occupés à travailler sur le bateau et préparer notre retour au bercail, les enfants se sont retrouvés quelque peu livrés à eux-mêmes. Il faut croire que cela leur a bien réussi : Loin de se montrer désœuvrés dans le carré de Lolita (même si ce fut quelque fois le cas, soyons honnêtes), nous les voyons disparaitre quotidiennement, sitôt le petit déjeuner avalé, vers leurs propres activités : le foot avec leurs deux compères allemands (on l’a évoqué plus haut), l’observation assidue des avions décollant atterrissant sur l’aéroport tout proche, les parcours chronométrés de trottinette (sous l’œil effaré des badauds) et enfin, leur activité fétiche, l’animation de « radio-ponton » de la marina ! « Radio ponton », vous ne connaissez pas ? il s’agit d’une sorte de France Info locale, l’actualité en continu de la marina. Pour cela, un seul mot d’ordre : s’auto-inviter sur les bateaux amarrés comme nous aux différents pontons. C’est bien simple, Jean et Juliette, les plus férus de cette activité originale, en sont devenus des reporters hors pairs ! Déambulant comme deux complices sur les quais, ils abordent chaque équipier qui passe, vont, viennent, et voltigent comme des étourneaux d’un bateau à un autre.  Ils racontent leur vie, s’enquièrent de celles des personnes croisées. C’est ainsi que nous sommes au courant de toute la vie de la marina, et inversement que toute la marina est au courant de la nôtre ! Dans le lot, bien sûr, deux bateaux trouvent leur préférence : il s’agit de nos chers bretons de Kerblaisy (Rémi et Claire) et d’Anamouig (Jean et Lucie « Lulu ») dans lesquels ils vont se nicher pendant des heures. C’est l’un des enseignements du voyage : nos enfants sont à l’aise partout. Ils font de chaque endroit leur chez-eux, leur nid. Le carré de Lolita bien sûr, mais également le ponton, l’aire de jeu du camping, le carré des autres bateaux. Quand, à l’heure du déjeuner, ils reviennent sur le bateau, nous avons le droit à leurs récits. Et quand on croise sur le ponton les équipiers des autres bateaux, ces derniers s’exclament, l’œil malicieux et espiègle : « Ah, ce sont vous êtes les parents de Jean et Juliette ? on connait tout de vous ! »… Forcément, cela facilite les rencontres et crée des liens. Plus j’y pense et plus je m’en persuade : nos enfants sont nos plus précieux passeports ! Soignons-les pour qu’ils nous emmènent loin.

Les copains de Kerblaisy et d’An Amouig, deux jeunes couples en voyage !  

Parmi les « bateaux copains » que nous retrouvons à la marina, il y a donc Kerblaisy et An Amouig. Il s’agit certainement de nos dernières belles rencontres de bateaux voyageurs. Claire et Rémi sur Kerblaisy sont partis comme nous de Lorient, en octobre dernier. La petite trentaine, ils se sont offerts une année sabbatique pour voyager en amoureux. Lui est moniteur de planche à voile ; elle travaille à la classe Imoca (les bateaux concourants pour le Vendée Globe). Caro et elle ont donc pas mal de choses à se raconter, mais curieusement, ce sujet est vite épuisé. Ce qui nous rapproche, ce sont nos voyages respectifs, comment nous l’avons vécus, les pays visités, les gens rencontrés, l’expérience du confinement, notre vie en mer. Jean et Lulu, d’An Amouig, sont d’un autre style, mais tout aussi sympathiques. Originaires du Finistère sud (Le Guilvinnec Penmarch), on sent chez eux la solidité et l’authenticité des pierres dressées, avec dans les yeux, la lueur du phare d’Eckmühl : lui est mécanicien dans la marine marchande (deux mois embarqué, deux mois à terre), elle monitrice de voile pour les enfants des bourgs alentours. Passionnés de pêche, ils sont passés au feu roulant des questions de Pierre-Louis qui ne se lasse pas de ce sujet ! C’est sûr, nous irons les retrouver à Penmarch et prendre avec eux un cours de pêche aux étrilles ! « A une condition, nous dit Jean : être à l’heure et bien équipé. » On ne rigole pas avec la pêche aux étrilles ! Ca tombe bien la pêche à pied c’est le domaine de Caro.

La meilleure glace de Ponta Delgada !

Le retour approche !

Ponta Delgada est décidément une escale formidable. Nous y découvrons, dans une petite rue, sur les conseils de nos amis de Kerblaisy, le plus délicieux des glaciers des Açores. Nous nous régalons de ses glaces parfumées et savoureuses (ananas, marcuja, yahoort miel noix, caramel beurre salé) au retour d’une belle balade sur la côte sud-ouest de l’ile, à flanc de falaises (Roca de Reva). La ville est belle, vivante, animée, sans être top grosse non plus, et cerise sur le gâteau, elle possède le plus beau marché qu’on ait vu depuis longtemps, à faire pâlir nos amis Dagorne ou Famelart, dans lequel nous faisons une virée quotidienne pour y acheter qui un ananas bien juteux, qui un rôti de bœuf, qui un poulpe fraichement pêché… Bref, on se régale de notre vie ici, d’autant que les prix sont extrêmement abordables (cela nous change de ceux des Bermudes et des Bahamas, souvenez-vous !).

Mais voilà, la météo parle et il est temps pour nous de songer au départ, à notre prochain retour au bercail. C’est décidé, nous partirons mardi ! Depuis hier, nous nous sommes donc remis activement aux préparatifs, aussi bien pratiques qu’administratifs ! Pendant que je finis quelques retouches de peintures, et remets les écoutes et lignes de vie en place, Caroline s’occupe activement de préparer notre retour à Lorient ! Nous y serons donc le samedi 22 aout, avec soirée à suivre (que ceux qui souhaitent y venir nous fassent signe !). En attendant, nous avons devant nous 10 à 12 jours de mer, la dernière traversée ! Autant dire qu’on compte bien en profiter !

A bientôt

10 réflexions sur “Sao Miguel, l’île verte

  1. ANNE-SOPHIE

    J’ai vraiment hâte d’être au 22 pour vous revoir tous les 5.. mais que vos récits vont nous manquer ! Quels moments de joie, de bonheurs vous nous avez offerts à travers vos courriers ! Merci, mille mercis. Bien heureuse que votre dernière étape soit, à ce point, réussie. Les Acoriens seront bien remerciés de leur gentillesse : vous en faites une si belle publicité que leurs îles deviennent le nouveau pays de nos rêves ! Bises à tous, bon vent et à très vite !💖💖💖💖💖

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  2. Colette Bernard

    Merci, cher Hervé et chère Caroline, je voyage encore avec vous. Quelle Odyssée, votre périple ! Je vous souhaite une belle navigation encore – la dernière – jusqu’au samedi 22 août. Nous retrouver bientôt ! Je vous embrasse tous les cinq 💓💓💓💓💓 xxx Colette Envoyé de mon iPhone

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    Aimé par 1 personne

  3. WEISBECKER

    Bonjour Caroline et Hervé , et les enfants,
    Nos voeux amicaux à Hervé pour son anniversaire . Bon retour en Bretagne pendant que nous
    ( navigateurs de petits bras ! ) profitons de ce beau terrain de jeu que sont la Baie de Quiberon et les îles ..
    Bises ,
    Valérie , Léa et Jean-Claude
    Sarzeau

    Aimé par 1 personne

  4. Sylvie

    Merci, Hervé et Caroline, et merci à toute la petite famille pour cette série si colorée, si joyeuse, qui nous a permis de voyager tout au long de l’année 2020 notamment, nous apportant fraîcheur et dépaysement…une respiration salutaire…
    Les épisodes suivants vont nous manquer… C’est pourquoi un prochain départ en famille sera le bienvenu. La série a besoin de quelques épisodes encore 🙂
    Bon atterrissage et à très bientôt !

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