République Dominicaine, Santo Domingo et Lupéron

Lol n° 36

Bonjour à tous,

Que ce voyage est riche ! On n’a du mal à suivre nous-même ! Voici bientôt quatre semaines que nous sommes en République Dominicaine, et on a à la fois l’impression d’y être arrivé hier et d’y séjourner depuis une éternité. A chaque jour sa nouvelle touche de découverte, de rencontre, d’expérience.

Petit retour en arrière :

Santo Domingo, la ville de Christophe Colomb, la primera ciudad de las Americas.

Dans la dernière LOL, nous vous avions laissé à Santa Barbara de Samana, sur la péninsule de Samana. Nous finissions notre séjour avec nos amis Valérie et Samuel. Avant de nous quitter, nous avions prévu d’aller visiter ensemble la capitale de ce beau pays, Santo Domingo, Saint Domingue pour les francophones.

Nous optons pour le bus. Ici c’est comme le train chez nous, c’est LE moyen de locomotion de la République Dominicaine, avec les motos et le scooter. Des bus il y en a partout et pour tout type de trajet : Les grands bus de voyage pour les longs trajets (celui que nous prenons pour aller à Saint Domingue « Caribe Tours ». Pierre-Louis, dans ses certitudes imparables de grand garçon, a décrété que c’était mieux qu »en première classe d’un avion de ligne. Les minibus pour faire les moyens trajets (on y est un peu plus serré et les arrêts sont plus fréquents) et enfin les « guagua » (prononcer wa-wa), petits vans collectifs à 4 banquettes dans lesquels on s’entasse à 20 voire plus. Dans ce cas, les arrêts sont incessants, chaque fois qu’une personne descend, il faut combler la place par un autre client. Dans ces sortes de taxi collectifs qui nous rappellent les « aluger » du Cap Vert, il y a le chauffer et un rabatteur qui s’occupe de faire descendre /monter les passagers et d’encaisser le prix de la course. Ce n’est pas cher, c’est même franchement économique, mais on ressort de là épuisés et tout endolori car dans ces bus, les enfants sont rapidement priés de grimper sur les genoux des adultes. On a même vu une maman enceinte avec deux bambins de deux et un an, les deux sur elle, ratatinée par un colosse d’1,80 mètre, aussi large que haut, je me suis demandé comment elle avait pu survivre ! Ce même colosse peut tout naturellement prendre un bambin sur les genoux lui-même s’il le faut. Les dominicains offrent un visage protecteur aux enfants, qu’ils soient les siens sou non. Juliette se retrouve ainsi sous le bras d’une Mama toute attendrie qui lui prodigue caresses et mots doux.

Bref, dans notre bus de luxe celui-là et en moins de trois heures de temps, nous voici sur la côte sud de la République Dominicaine, à Saint Domingue

Christophe Colomb y est partout et quand ce n’est pas lui, c’est son fils Diego ou son petit-fils.

Le quartier historique est une merveille. Nous y tombons en pleine fête nationale. La cathédrale est bouclée car un office religieux s’y déroule, avec Président, ministres et certainement têtes couronnées (leur sortie de l’église est digne d’une sorite de stars avec cortège de 4*4 noires plus énormes les unes que les autres et concert de sirènes hurlantes – vive le pouvoir…). Dans ce petit quartier, fondé par les premiers colons espagnol (deux rues à l’origine), nous passons deux jours à déambuler. C’est ici, derrière les murs de ces maisons construites en pierre coralienne, aux belles portes en bois et aux patios ombragés, que la découverte du nouveau monde fut organisée, conquête du Mexique, et de l’Amérique du Sud. Tous les « grands » noms  des conquistadors y résidèrent : Cortés, Pizzaro. Etc. Quand j’écris « grands », cela ne signifie pas de qu’ils étaient des « grands » hommes en humanité, bien au contraire, on pourrait même dire qu’en ce domaine, ils furent de sinistres mémoires pour les peuples autochtones, qui furent massacrés, pourchassés, spoliés (Indiens Tainos en République Dominicaine, mayas, aztèques), mais il faut bien dire ce qui est : leurs épopées respectives ont changé la face du monde et de l’Amérique latine en particulier.

Bref, nous déambulons dans ce petit quartier de Santo Domingo, visitons les palais des premiers colons, des premiers vices rois des Amériques, Christophe Colomb bien sûr, Nicolas des Ovando puis Diego Colomb. Ces austères demeures sont parfaitement restaurées. Le contraste est grand avec d’autres édifices de la ville, laissés à l’abandon. On se remémore l’ile de Gorée au Sénégal, où un certain nombre de palais et de maisons, malgré leur intérêt historique, culturel et architectural évident, tombaient littéralement en ruine…

En une après-midi, nous visitons donc la ville au pas de charge, pendant qu’en l’air les hélicoptères de les avions de l’armée paradent au-dessus de nos têtes (27 février : c’est jour de fête nationale et on sent qu’ici, le défilé militaire est loin d’être une parade d’opérette!). Les enfants suivent bravement, on tente de leur expliquer ces lieux chargés d’histoire. Pour autant ce centre historique n’est pas un musée à ciel ouvert, c’est aussi un lieu de sortie pour les dominicains, et nous nous sentons agréablement intégrés à l’animation. Le quartier historique n’est qu’un petit quartier de la ville de Saint Domingue qui a vu en trente ans sa population exploser pour atteindre les 3 millions d’habitants. Cela donne une idée des constructions qui émergent de partout et la circulation tentaculaire et étouffante.

Pour conclure la journée et notre dernière soirée ensemble, nous nous arrêtons dans un bar à tapas et nous régalons des croquettas et autres jamon y queso. Pas de doute, nous sommes bien en terre hispanique. On dirait que la population entière est dans la rue ! Les gens devisent, discutent, rigolent, un verre à la main, pendant que les enfants s’amusent dans les jardins publics. Nous prenons le pli. Les enfants se font une partie endiablée de « policiers » et « voleurs », courant comme des étourneaux sur la place, transpirant, criant, hurlant, pendant que nous les parents, discutons tranquillement, évoquant souvenirs, copains et autres sujets variés.

Retour à Samana

La carte des 4 voyages A/R de Christophe Colomb dans les Caraïbes, impressionnant !

Comme toutes les bonnes choses, celles-ci ont une fin. Ce matin, nos amis reprennent le chemin du retour. La veille, après les tapas, nous avons terminé par une belle partie de belotte. J’en profite ici pour corriger une erreur de taille qui s’était glissée dans la dernière news : ce sont bien les maris, Hervé et Samuel, et non ces dames, qui ont remporté dans une spectaculaire remontada, grâce à leur talent, leur sens du jeu, leur complicité, cet haletant tournoi de belotte. Vous devinez bien sûr qu’Hervé vient de s’autoféliciter (Caroline, qui fait œuvre de relecture)

Au moment des « au-revoir », l’émotion est palpable ! On s’embrasse, on s’encourage, on se souhaite « bons vents » et « bonne reprise ». Oui nous avons passé un super séjour ensemble. Merci les amis de nous avoir rejoints !

Pour nous aussi il est temps de rentrer rejoindre Lolita. En trois heures de bus, nous sommes sur place. Un tour dans la piscine, et les affaires reprennent. Profitant que les enfants ne soient pas dans nos pattes (ils sont littéralement scotchés à la salle de billard dont il se sont fait avec d’autres enfants une nouvelle passion, au grand désespoir du personnel de l’hôtel), nous faisons un grand coup de propre dans Lolita qui en a bien besoin.

L’entrée dans Luperon

Adieu Samana, après la si belle escale sur place avec nos amis, il est temps de remettre les voiles. La « fenêtre » météo est étroite : un coup de vent de nord est annoncé pour le dimanche soir, il ne faut pas trainer en route… Pourtant, quand nous quittons la baie, nous ne résistons pas au plaisir de suivre plusieurs baleines qui croisent notre route. Le spectacle est toujours aussi fascinant et magique : ballet de nageoires battant l’air et l’eau, chorégraphie de queues sortant délicatement de la surface pour y replonger aussi gracieusement, on ne s’en lasse pas. Nous surprenons un petit bateau de touriste utilisant pour « appeau » un disque de chants des baleines. Intéressant ! Mais il y en a tellement qu’on n’a pas besoin de les attirer. Quel spectacle émouvant…

Le vent est aux abonnés absents. Nous passons toute l’après-midi et une bonne partie de la nuit au moteur. Et puis tout d’un coup, la mer s’est levée et le vent est rentré. Caro, de quart, se fait copieusement rincée par une pluie diluvienne. 30 milles seulement nous séparent de Luperon, mais à la vue de la houle, nous savons, Caro et moi, que l’entrée sera « touchy » ! Et effectivement, elle le fut… En plein dans l’axe du vent, la passe de Luperon, un abri naturel idéal lorsqu’on est à l’intérieur, ressemble à une sorte d’entonnoir d’une 50 de mètres de large, encadré de hauts fonds et de récifs. Quand nous y pénétrons, la houle génère d’énormes déferlantes de part et d’autre du bateau. Caro est cramponnée à la barre, je ne l’ai jamais vue aussi concentrée. De mon côté, impuissant, je regarde ce spectacle somptueux, je parle de ma femme naturellement, et me dis que j’ai bien de la chance. A l’intérieur, les enfants se réjouissent déjà de cette escale bienvenue. Ignorants du danger, on les entend hurler et chanter à tue tête dans le bateau. Ils reprennent vie après cette matinée qui les a malmenés, notamment Jean et Pierre-Louis, saisis par le mal de mer.

Ca y est, la passe est franchie. Aussitôt après, alors que nous embouquons la lagune intérieure, le changement de décor est total : plus de houle, plus de vent, on se croirait dans un autre monde. Mis à part deux scooters des mers qui pétaradent (je les hais), tout est calme, serein, paisible . Plein de voiliers sont mouillés là. Nous faisons de même. Pas de doute, nous sommes dans un refuge à voiliers. Il est 14h, nous voici à Luperon, et c’est l’heure des crêpes !

Le calme avant le coup de vent

Les amis de Mowgli

A Puerto Bahia, nous avions été accueillis par Christophe, qui nous avait gentiment aidé à manœuvrer Lolita en nous poussant, tel un petit remorqueur, avec son annexe (souvenez-vous, Lolita n’est pas très à l’aise en marche arrière). Nous les avions croisés rapidement alors avant de partir pour Saint Domingue. Nous les retrouvons ici à Luperon. Cette famille Christophe, Barbara et leurs deux enfants Jules et Clarisse) sont des voyageurs insatiables. Ils en sont à leur troisième voyage, sans compter de nombreuses croisières. Comme la plupart des navigateurs que nous avons rencontrés sur notre route, nous avons à faire à des personnes hyper sympathiques, accueillantes, ouvertes d’esprit, et passionnées ! Christophe n’avait jamais les pieds sur un voilier avant l’âge de 20 ans. Barbara, un jour, lui a forcé la main. Ce fut la révélation. Dans la foulée, ils achetaient leur premier bateau, parcouraient l’écosse, l’Irlande, la Galice, puis partait pour un premier tour de l’Atlantique de deux ans avec leurs  , 2 ans et 8 mois à l’époque ! Depuis, avec un nouveau bateau (un des 5… des  équipiers du Kim, encore une autre épopée magnifique des années 70, digne des Damien), ils sont allés au Spitzberg, et envisagent de gagner le Groenland.

Nous passons plusieurs soirées avec eux. Passionnés de course au large, ils sont visiblement heureux de discuter avec Caro de ce monde dans lequel nous baignons à Lorient. Les enfants eux se sont tout de suite bien entendus : Pierre-Louis et Jules s’inventent des villes imaginaires (paradoxalement remplis d’aéroports, de marina et d’hôtels de luxe, pas tellement nos valeurs… mais bon, on ne va pas les contrarier, et on se dit que ça évoluera !), Juliette et Clarisse jouent ensemble, et Jean s’est plongé dans la précieuse collection des Asterix, un vrai trésor que nous n’avons pas à bord. Bref, nous passons en leur compagnie de vrais bons moments, favorisés par la météo exécrable de ces premiers jours.

République Dominicaine, royaume de la pluie !

Vous en doutez ? Eh bien je peux vous assurer que depuis que nous sommes là, nous en avons eu autant, voire plus, que plusieurs mois d’hiver réunis en Bretagne ! C’est bien simple, ce n’est pas une averse, c’est un déluge, ce n’est pas de la pluie, ce sont des cataractes du ciel ! Incessante, diluvienne, inquiétante tant elle est abondante, elle noie le paysage quand elle survient, par vague.

 A l’intérieur de Lolita, on se calfeutre comme on peut. On avait beau avoir refait l’étanchéité des panneaux du carré avant de partir, il reste toujours un hublot que l’on a rouvert et oublié de refermer, ou ce hublot cassé que l’on doit changer depuis plusieurs semaines etc. On tente vainement de faire sécher nos vêtements et nos blousons… tout est humide, mouillé. Le sol, les draps, les aliments… On mange des cornflakes humides, les biscuits et autres gâteaux de gouters sont mous avant même d’être ouverts. Si ça continue, on va nous même moisir sur place…Mais surtout c’est la première fois du voyage que l’on sort les vestes de quart (paradoxe : pour aller en ville)

Hier, un catamaran est arrivé. Au moment ou nous apprêtons à rejoindre nos nouveaux amis de Mowgli son skipper nous fait des grands signes : nous allons le voir ; il vient de s’échouer sur un banc de sable et craint d’avoir cassé l’un de ses moteurs. On le sent un peu paniqué. On lui propose de l’aide afin de l’aider à se déséchouer. Avec son annexe, nous le poussons de travers pendant que lui met les gaz. La manœuvre réussit, mais quelques minutes après rebelote, il s’échoue de nouveau… Toute la scène se passe toujours sous le déluge. Malgré nos vestes de quart, nous sommes trempés, rincés jusqu’à l’os…

Cuba or not Cuba ?

C’est la réflexion qui nous anime, Caro et moi, depuis plusieurs jours. En fait, le titre est inexact :  Cuba, nous avons la ferme intention d’y aller. Mais la question qui se pose est : comment ? Les informations sur cette destination sont parcellaires voire même contradictoires : formalités administratives, coût de la clearance (ce fameux droit de séjour pour les bateaux), autorisations de navigation, pénuries alimentaires, sur toutes ces questions, c’est l’inconnu. Avec Mowgli, nous échangeons les informations que nous avons. Eux comptent y aller dès que la météo redeviendra clémente, c’est à dire mercredi ou jeudi. Ils nous en diront plus quand ils seront sur place. Nous avons également d’autres « contacts » sur place que nous comptons solliciter. Comme on dit, on verra bien. En attendant, on profite agréablement de notre escale dans ce petit bourg de Luperon. A l’image de sa situation, entre lagune et océan, les habitants sont tranquilles, accueillants, aimables et serviables. Certes, on sent que « ça ne roule pas sur l’or », mais il y a une vraie douceur de vivre. Sur l’eau, dans cette lagune intérieure, ce trou à cyclone naturel, les voiliers de passage sont légion. Mais rien à voir avec l’ambiance « industrielle » et superficielle du Marin, ici, pas de marina, de shipschandler. Seulement un petit chantier qui ressemble à un chantier amateur… Nous faisons la connaissance de Bruce, un sud africain installé ici depuis plus de 20 ans. Pas loin de 70 ans, physique de colosse, bras de bûcheron, poignes de forgeron, on lit dans ses yeux bleus le grand cœur, la générosité, mais également l’âme de l’éternel aventurier, de l’infatigable baroudeur. Tout en me bricolant mon hublot cassé, il me raconte avec entrain ses histoires que j’écoute comme une aventure de Monfreid… Il est en train lui-même de réparer trois voiliers en même temps, des vieilles carcasses récupérées, au plancher en marqueteries, et au carré imprégné de vécus. Une autre époque de la voile, celle des pionniers, de l’époque des Chichester et des Moitessier

Cabarete, Olivier « Loulou » et la session de kytesurf

Le soleil est de retour et nos amis de Mowgli ont mis les voiles pour Cuba. De notre côté, nous profitons de cette bonne pause à Luperon. Aucun rendez-vous à honorer, nous prenons notre temps. Chaque matin, on fait l’école avec sérieux. Pierre-Louis est allé la faire avec Jules et Clarisse et CM2 comme lui. Jean et Juliette progressent à leur rythme. La concentration et la bonne volonté font souvent défaut, mais cahin caha, déclinaisons, règles syntaxiques, additions, tables de multiplications, rendent les clés de leur secret… ça crie parfois, ça hurle même, mais au final, ça rentre, et c’est bien le principal. Nous les parents, essayons chaque jour de progresser dans ce nouveau métier (enseignant !) : patience, méthode, créativité. Surtout ne pas s’énerver même quand on bouille intérieurement, c’est la règle de base. Personnellement j’ai fait beaucoup de progrès mais il faut dire que je partais de loin…

Aujourd’hui, c’est relâche. Caroline a repris contact avec une vieille connaissance du Havre (un ancien équipier de voile, comme toujours) qui habite à Cabarete, sur la côte nord-est de l’île, depuis 20 ans. Cabarete, c’est un haut lieu mondial du Kytesuf. Après ma désillusion des Grenadines, je compte bien en faire quelques heures sur place. Sur place, après deux heures de trajet, on retrouve donc Olivier dit « Loulou ». Un jeune homme de 55 ans, à la jovialité communicative, et au sourire permanent. Avant de nous retrouver, Olivier n’avait pas « percuté » : qui est cette « Caroline » qu’un de ces copains lui recommandait ? Et lorsque Caroline l’avait contacté, elle n’avait pas précisé qui elle était. Pourtant il est bien là au rendez-vous.  Au moment des retrouvailles, c’est le déclic ! « A mais c’est toi Caro, ah mais c’est incroyable, qu’est ce que tu fais là ??». Caroline et lui refont le film de l’histoire. Olivier est enthousiaste sur notre voyage. Et pour cause, il a lui-même voyagé un an avec ses parents lorsqu’il avait 11 ans. « C’est un cadeau pour la vie que vous leur faites » nous dit-il. « Vous n’avez pas conscience à quel point cela va les changer ! ».

Pendant que les deux amis se retrouvent et se remémorent le bon vieux temps, je m’offre deux heures de cours de kyte surf avec Nino, ami d’Olivier (Olivier est un ancien champion de planche à voile et il enseignait dans un club à Cabarete avant de se lancer dans le day charter). Dans ce spot hors du commun, et grâce aux conseils avisés de Nino, me voici à tirer des bords, tracté par la voile, volant sur les eaux. Je vous épargne les gamelles, nombreuses, mais pour moi qui rêvais d’en refaire (du kyte), je suis comblé !

Pendant ce temps, les enfants s’étourdissent de glissades dans les vagues, tout en criant « Papa ! « Papa ! » à chaque fois que je m’approche de la plage. Jouissif !

Bref, notre virée à Cabarete n’a pas été vaine et si on met de côté le caractère un peu superficiel du lieu, on peut même dire qu’elle fut bien profitable !

Retour à  Saint Domingue et Carnaval

Alors qu’un deuxième front froid venu des USA guette la côte Nord du pays, nos amis du catamaran AIMALAIA viennent trouver refuge à Lupéron avant d’aller à Cuba. O joie, Juliette retrouve son amie Elaiah, 6 ans, petite bouille espiègle. Les deux s’entendent à merveille et les retrouvailles sont joyeuses avec ses sœurs également contemporaines des garçons. Nous prenons cette fois le volant direction Saint Domingue à 3h30 d’une route rendue bien difficile par les pluies diluviennes, les nids de poules qui truffent la 4 voies, et les règles du code de la route bien propres à nos amis de République Dominicaine (je peux doubler par la droite et si mon clignotant est en panne, je sors le bras) Flippant. Surtout de nuit… Mais nous atteignons la capitale sans encombre et assistons à la dernière parade du Carnaval national qui, contrairement aux autres pays de la Caraïbes outrepasse la fatidique date du Carême pour prolonger la fête. Spectacle étonnant qui mêle tradition et loufoquerie, sur fond de musique entêtante. Ca vaut quand même le détour, même si un petit incident vient nous rappeler qu’il est temps de quitter le quartier encombré de danseurs et de spectateurs parfois légèrement alcoolisés.

Nous rentrons vers le Nord en traversant la région de Jarabacoa, aspergée par une pluie persistante, et nos velléités de randonnées dans cette partie du pays montagneuse sont découragées. Le Pico Duarte non loin d’ici culmine à 3007m. Ici les dominicains viennent se mettre au vert, la végétation est abondante. A quelques kilomètres de là, on y cultive même des fraises. Les maisons se métamorphosent en chalets de montagne. Il y a des cascades et plusieurs rivières viennent irriguer la vallée.  Mais les flots sont tumultueux avec la pluie, et nous ne pourrons pas nous baigner (nous stoppons in extrémis les garçons en caleçons, prêts à s’élancer au pied d’une cascade à 10m des rapides…). Nous trouvons refuge dans un charmant hôtel au bord de l’eau. Le retour par Santiago me permet de visiter la fabrique de cigares Aurora, interdite aux enfants car les ouvriers peuvent fumer des barreaux de chaise en roulant les cigares, ce qui donne un environnement passablement enfumé. Les consignes de prudence en raison du Coronavirus sont affichées sur le tableau de service.

Visite d’un musée intéressant sur l’histoire de la caraïbe, où l’on apprend que les indiens Tainos qui peuplaient l’île avant l’arrivée des espagnols sont les descendants des Arawaks ces tribus venues du Vénézuéla. Et que le créateur de mode Oscar de la Renta est né à Santiago. La beauté des collections exposées nous subjuguent (en shorts et t-shirt nous sommes légèrement décalés)

Covid-19

Depuis plusieurs semaines, Pierre-Louis s’intéresse, non sans une pointe d’inquiétude à la question.

Aujourd’hui, les commentaires allaient bon train suite à la décision de fermer les écoles, annoncée par le Président Macron en personne. Jean : « c’est la saison du corona virus ou bien ? » ; Juliette : «  si personne n’est malade dans ma classe, pourquoi la fermer ? » Nous parlons du principe de précaution, rassurons. C’est un peu abstrait un virus que personne ne voit, et qui semble d’apparence inoffensif pour les personnes en bonne santé. Ici en République Dominicaine, les consignes ont été diffusées, que ce soient dans les usines ou chez les commerçants. Des paquebots de croisière ont même été interdits de déployer leurs équipages à terre. Catastrophe pour les habitants des régions concernées. A Lupéron, cela ne changera pas grand-chose, la ville a déjà été sinistrée en 2012, lorsque que l’immense complexe hôtelier de 2000 lits, employant 600 personnes a brusquement fermé. C’est pour cela que nous avons la plage pour nous seul. Mais ce grand ensemble à l’abandon montre tout le gâchis de la crise (celle de 2008 et les subprimes entre autres)

 Pour en revenir au virus, on imagine bien la vitesse de propagation d’une épidémie ici, vu que les gens ne vivent pas vraiment dans le confinement mais plutôt dehors avec les autres. Et se déplacent dans des cars ou taxis bondés en permanence. Croisons les doigts !

Avitaillement et préparation du voyage à Cuba

C’est bientôt l’heure de reprendre la mer (demain) pour Cuba. Avant cela, j’ai (Caro) dû faire un aller-retour en bus à Saint Domingue, punition pour avoir oublié les passeports l’autre jour, afin d’obtenir nos précieux sésames pour Cuba. On peut les avoir là-bas mais 5 fois plus chers. Ouf. C’est le moment de préserver notre trésor de guerre qui fond comme neige au soleil.  

Il faut remplir les cales de Lolita, car il y a des incertitudes sur l’avitaillement sur place. Et comme les Bahamas promettent aussi un niveau de vie élevé, nous décidons de faire de grosses courses. C’est-à-dire remplir les coffres et pousser fort sur les portes pour ça ferme ! Ca déborde de partout.

Nous découvrons les supermarchés locaux, mais surtout les petits commerçants qui généralement cumulent plusieurs casquettes. Ainsi, chez le pharmacien, les boissons sucrés et le red bull (ou les glaces) voisinent avec les pilules pour perdre du poids. Si vous allez chez le vendeur de téléphone, vous pourrez aussi vous équiper en passoires, litières pour chats, ou encore changer de l’argent. A l’épicerie débit de boisson, il y a tout pour faire de la mécanique (graisse, bougies etc)  Fruits et légumes (délicieux et bon marchés) sont généralement vendues chez un épicier spécialisé, qui propose aussi des recharges de téléphone. Le voilier, ne répare pas seulement les voiles, il fait office de cordonnier et vend du prêt à porter ainsi que des objets souvenirs. Et pour aller de l’un à l’autre, nous pouvons compter sur les motos conchos ou les motos taxis, qui vous embarquent en pétaradant où vous voulez pour 50pesos (moins d’un euro) Les cheveux au vent bien sûr, il fait trop chaud pour porter un casque !

Voilà nous sommes presque prêts à partir, la gentillesse des Dominicains va nous manquer, mais le beau temps semble revenu pour de bon. L’excitation monte un peu. Fidel nous voilà !  (en deux jours de mer)

A bientôt !

LES ASTUCES du voyageur

Ambiance à Lupéron

Tranquille ! Pas de délinquance. Les habitants sont soucieux de préserver l’harmonie. La petite ville vit un peu grâce aux navigateurs de passage ou installés ici. Il y a pas mal d’étrangers qui ont acheté des maisons ici.

Services et commerces à Lupéron

Ne pas hésiter à se rapprocher de la marina de Puerto Blanco pour avoir toutes les bonnes adresses. Il ya  une page Face book pour les navigateurs de Luperon

On y trouve à peu près tout, on peut y changer de l’argent, en retirer, il y a de petits supermarchés qui vendent du frais ou surgelé. Il y a moins de choix que dans les grands supermarchés de Puerto PLata ou Sto Domingo (Jumbo ou même Carrefour !)

Frais de port à Lupéron

2 usd la bouée, géré par Pépo ou Andy Andie sur canal VhF 68

10 USD à régler aux autorités du port pour stationner 7 jours, puis 20usd / mois

Bancs de sable à Lupéron

Attention, le mouillage tribord n’est pas clair, à marée basse on voit les bancs, ça ne passe pas partout, la carte Navionics indique des bancs mais certains sont un peu décalés.

Plage à Lupéron

En partant de Puerto Blanco, il y a une jolie plage à 10/15min de marche en direction de l’hôtel abandonné

Visas pour Cuba

Les visas touristiques ne vous couteront que 15usd par personne à l’ambassade de Cuba à Santo Domingo. Venir en personne, les parents peuvent signer pour les enfants mineurs. Si vous faites le visa pour qui n’est pas présent, surcoût administratif de 25usd. Durée environ 1h30

Attention, le service consulaire n’est ouvert que le matin de 9h à midi du lundi au jeudi.

Sinon en France : 22€ délai d’un mois.
Cerise sur le gâteau, vous remplissez les formulaires sous les yeux de Fidel Castro en personne.

Bus LUPERON-SANTO DOMINGO

Départ 4h30 de Lupéron direct Sto Domingo – Retour Sto Domingo 12h50  400 pesos par trajet (imbattable ! )

Gaz

impossible ici de remplir nos bouteilles de butagaz (modèle 3kg) Nous avons acheté 2 bouteilles en fibre de verre (environ 40€) que l’on recharge au propane pour moins de 5€. Elles nous serviront aussi au Bahamas.

11 réflexions sur “République Dominicaine, Santo Domingo et Lupéron

  1. Michel Jouannic

    Souriez c’est vendredi !
    Quel régal, ce papier n°36 de votre carnet de voyage. Çà met de bonne humeur et donne de l’énergie pour entreprendre plein chose ce weekend…
    Souriez c’est vendredi !

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  2. beatriceolagne

    je me suis « régalée » en lisant votre missive et les belles photos nous aident à vous suivre:Efforts,travail détente semblent être votre lot quotidien affection Bétrice

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  3. nolleetjeanlouis

    Magnifique!
    Avez-vous zappé l’île de la Tortue dont les pirates ont enchanté notre enfance?
    Au revoir, à bientôt à Cuba, tête haute!
    La distance nous permet de vous embrasser (ici c’est interdit) affectueusement,
    Noëlle et Jean-Louis

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  4. Christophe Champenois

    Nous revenons juste de Cuba et , outre le deplaisir de remplir les caisses de la famille Castro, ils risquent d’avoir de grosses difficultés pour faire leurs courses car les magasins sont vides
    Bon courage

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  5. Paul et Lauranne Bindel

    Les amis, C’est toujours tres sympa de vous lire. Cela apporte un rayon de soleil dans cette morosite ambiante (US ou France on est exactement dans la meme situation et cela empre de jour en jour). Je ne sais pas si vous suivez au jour le jour l’evolution de la situation mais tous les pays sont en train de fermer leurs frontieres et imposer des quarantaines. Donc regardez bien avant de chosir votre prochain port/destination. On pense bien a vous. A+,Paul

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  6. Rémi

    Salut les cousins… on est en quarantaine avec les enfants à 6 dans un appart! On revît un peu votre transat avec la mer et les poissons en moins! Du coup on se nourrit bien de vos news…. les enfants adorent ! Bises – Rémi et Olivia

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