République Dominicaine – Baya Samana : des amis et des baleines

LOL n °35

Bonjour à tous,

Allez, pour commencer ce post qui une nouvelle fois s’est fait attendre, je vous propose un petit sondage : Que vous évoque la République Dominicaine ?

Réponse A : cocotiers, plages et vacances au soleil

Réponse B : la mythique Hispanola de Christophe Colomb

Réponse C : la corruption illustrée par la rocambolesque et pathétique affaire d’Air Cocaine ?

En ce qui nous concerne, et d’après ce que nous avons pu voir in situ, ce serait plutôt la réponse A, mais les deux autres réponses sont bonnes aussi. Oui, Lolita est vraiment passé en mode vacances depuis notre arrivée. Et pour cause, nous recevons ces jours-ci une famille en vacances, celle de ma sœur de coeur Valérie (ancienne amie d’étude et co-équipière de Kifouine) avec son mari Samuel et leurs deux enfants Simon (10 ans et Léane 8 ans), qui ont saisi l’occasion de notre voyage pour venir nous rejoindre. Retrouver des amis à l’autre bout du monde, c’est magique ! D’abord parce qu’il y a la joie des retrouvailles, mais également l’euphorie des enfants de retrouver des copains de jeux, le plaisir des parents de renouer avec la vie sociale. Et puis quand ces retrouvailles se passent en plus sous les Tropiques, dans leur douceur et leur ambiance, le plaisir n’en est que plus fort !

Valérie et Samuel ne sont pas venus les mains vides ! Leurs sacs à dos regorgent de surprises et de douceurs, ramenées de France : du fromage, des saucissons, des terrines, de la confiture, du miel, et pour nous endormir le soir avant de se coucher, de la presse diverse et variée (de paris match à Ouest France, en passant par Causettes et Voici. Il y en a pour tous les gouts !).

Bref, pendant 10 jours, pas d’école, pas de grande navigation, objectif : profiter, se reposer, jouer, rire, discuter, festoyer. Lolita est passée en mode « camping », car avec 9 personnes à bord, il a fallu nous organiser : Valérie et Sam occupent la cabine avant, Pierre-Louis et Simon la cabine arrière et Jean, Julitette et Léane investissent le carré. Ce dernier fait office de salle de jeu, salle de lecture, salle de cinéma, chambre à coucher, c’est très drôle de voir les enfants évoluer dans ces trois mètres carrés !

Depuis notre arrivée, nous enchainons les bonnes surprises :

Premier jour à Puerto Bahia, la marina dans laquelle nous avons atterri (cf plus bas pour les infos pratiques à l’attention des navigateurs qui voudraient faire escale sur place). L’ambiance est un peu à la marina-complexe hôtelier privé de luxe, mais on ne va pas bouder son plaisir, surtout au terme de plusieurs jours de navigation intensifs ! Durant toute l’après midi, pendant que Caroline fait les courses et que Sam et Valérie se posent à bord, les enfants profitent de l’incroyable piscine de l’hôtel, une piscine à débordement donnant sur la mer, à l’abri des cocotiers, jouent au ping pong, s’essaient au billard. Le soir forcément, l’apéro des retrouvailles se transforme en fête autant pour les grands que les petits !

Sur place nous faisons connaissance de Pierre et Anne, qui naviguent en couple sur leur bateau « le Mulon », un beau Grand soleil 43 spacieux et confortable. Pierre et Anne sont venus prendre l’apéro le premier soir. Ils arrivent des Bahamas qui leur ont visiblement laissé des étoiles dans les yeux ! Pierre et Anne ont fait un sacré voyage ! Jeunes retraités, ils sont partis il y a deux ans, et sont remontés jusqu’en nouvelle Ecosse au Canada.. Ils nous laissent généreusement l’ensemble de leurs guides nautiques de Bahamas, et me briefent sur les bons « spots » à voir et à visiter sur place. Cette escale aux Bahamas promet d’être tout à fait agréable.

Visite des Haiteses : la petite baie d’Along

Le jour suivant, après un petit déjeuner qui s’étire en longueur et un au revoir à nos nouveaux amis Pierre et Anne (Juliette a retrouvé chez Anne, une nouvelle grand-mère, allant leur rendre visite  à 7 heures du matin), nous mettons les voiles vers les Haiteses, au sud de la Baie de Samana, à 10 milles de là. Les Haiteses, ce sont sur plusieurs kilomètres, une succession de formations géologiques étonnantes (sorte de pains de sucre de corail, recouvert de forêt équatoriale), qui offrent à ses visiteurs un paysage exceptionnel. On se croirait en baie d’Along, slalomant entre les îles. Les Haiteses ne se découvrent que par la mer. Dans ces collines de corail, se nichent des grottes géantes, qui constituèrent, au début du XVième siècle, lorsque les conquistadors de Christophe Colomb et leurs successeurs investirent l’île, le refuge des indiens Tainos, chassés par l’envahisseur. Vous accédez pour l’une d’entre elles (Cuevas de la linas) par une petite rivière slalomant au cœur de la mangrove. A l’intérieur, des peintures rupestres, dessins figurant baleines, requins, vaches, créatures bizarres, empruntes de mains, figures ésotériques, etc. on découvre cela seuls, sans gardien et on imagine les indiens, terrés dans ces grottes, à se demander quels forfaits ils avaient bien pu avoir fait contre leurs dieux pour subir un tel fléau, incarnés par des créatures terrifiantes, hommes à la peau blanche, aux épaisses barbes, aux lourds vêtements, aux casques d’argent, armés de bâtons diaboliques, tirant le  feu, et semant la mort. Dans cette végétation de mangroves rouges, palétuviers, arbres à calebasses, niches des colonies d’oiseaux que nous observons chasser : pélicans noirs, de majestueuses frégates, mouettes, et colibris.  

un furieur air de shadock n’est ce pas ?

Vos reprendrez bien un peu de baleines ? Volontiers, mettez en moi une dizaine sur ma route.

Après deux jours dans ce décor de film fantastique, nous remettons les voiles. Au programme du jour, recherche et observation des baleines ! La Baie de Samana est en effet un « sanctuaire » mondialement réputé pour l’observation des baleines à bosses qui viennent se reproduire et mettre bas dans ces eaux tranquilles, chaudes, et peu profondes.

Et bingo, peu après, aidé il est vrai par un attroupement de bateaux de touristes, nous apercevons notre premier souffle, puis un aileron, puis un deuxième. C’est le festival ! Les cétacés, tranquilles, sortent nonchalamment de l’eau, se retournent, agitent en l’air leur nageoires caudales, plongent de nouveau, apparaissent un peu plus loin, replongent. A bord, c’est l’excitation générale. Les enfants, agglutinés comme des sardines à l’avant du bateau, hurlent à chaque nouveau souffle, à chaque apparition de nageoire ou de queue.

Le soir, après ce spectacle nautique, nous allons mouiller au pied d’une petite île Cayo Levantado. D’apparence, elle a l’air sublime : cocotier, et plage de sable blanc. Mais étant à proximité de Samana, elle est aussi un « spot » à touristes, (sans doute une étape journalière dans le forfait : exploration de baleines, fa). Quand on débarque à terre, en fin de journée, c’est la nausée : des détritus partout, laissés par les touristes… désolant dans un endroit aussi paradisiaque. C’est la face cachée de la République Dominicaine : des lieux magiques, mais une pollution endémique. Les plages sont jonchées de détritus plastiques : bouteilles, verres, emballages, chaussures, etc… cela n’empêche pas les enfants de se régaler dans les rouleaux des vagues, jouant avec le paddle.

Playa del Rincon et Las Galeras : les plus belles plages de notre voyage.

La météo est favorable ! Pas de vent pendant deux jours, nous pouvons tenter le coup : la playa del Rincon, plus au nord, ouvrant sur l’océan. Pour y aller, il est nécessaire que le vent soit aux abonnés absents et qu’il n’y est pas de houle. Or ouvrant au nord est, en plein dans le vent des Alizées, ces deux conditions sont rarement réunies. Au terme de 4 heures de navigation au moteur, nous sommes récompensés : la baie est sompteuse, la plage est splendide. Nous débarquons à terre. Petite plongée, châteaux de sables, rugby plage, et pour conclure pina colada (sans rhum !) sur la plage. On est aux anges.

Le lendemain, nous allons à Las Galeras, le petit village de pêcheur tout proche. Nous nous engageons dans la passe, pour nous mettre à l’abri des récifs coralliens séparant le large de la côté. Caro et moi sommes un peu stressés car ça déferle sur notre bâbord et la côte n’est pas loin. Mais la récompense est belle : nous débarquons sur une minuscule île déserte, avant d’aller au village. C’est dimanche, et nous décidons d’aller déjeuner à terre. Nous trouvons une petite paillote sur la plage : au menu, poissons, lambis, poulpes et calamars. Valérie et Sam seraient bien partis pour une langouste mais il y a rupture de stocks malheureusement. La préparation prend des heures, mais notre patience est récompensée : on se régale. Petit bémol cependant : pendant le déjeuner, le vent de nord est s’est levé. Il ne faut pas trainer pour réembarquer et quitter les lieux. Adieu, Las Galeras, nous emportons de toi le souvenir de ta plage enchantée. Quand nous levons l’ancre, Lolita est déjà secouée dans tous les sens par la houle.

Et pendant ce temps-là, les enfants se régalent : Juliette et Léane passent leur temps à jouer ensemble, à se maquiller mutuellement, à se faire des nattes et des tresses. Ils embarquent Jean dans leur jeu, qu’on retrouve un matin avec les ongles en bleu, et du fond de teint rose sur la figure.

Pierre Louis et Simon font la paire. Lego, lecture, histoires, ils sont calés dans leurs activités et c’est comme si on ne les voyait pas alors alors que nous vivons ensemble dans 10 mètres carrés. Bref, un vrai séjour de détente et de vacances, pour petits et grands. On bouquine dans le cockpit, on joue à la belote (deux victoires écrasantes des femmes sur leur maris !), on discute de nos histoires respectives, bref, on passe du bon du très bon temps ensemble.

Pour terminer l’exploration de la province de Samana, c’est en voiture cette fois que nous nous rendons à la cascade de Limon, l’attraction locale, une jolie cascade accessible par divers chemins à cheval ou à pied. Notre chauffeur nous dépose à l’orée du chemin le moins fréquenté et Enrique, un local, nous emmène pour une petite heure de balade à travers un jardin d’Eden. Tous les 100m il s’arrête pour nous montrer un arbre, nous faire sentir une herbe, goûter de la mangue, des graines de cacao, pamplemousse, tamarin, fruits de la passion, noix de coco, goyave… Il déloge une couleuvre en un mouvement rapide du bras, qui passera de mains en mains. Pauv’bête ! Avant de rentrer au bateau, nous faisons une halte à Las Terranas. Un ancien village au cœur d’une baie magnifique bordée par des plages de cocotiers qui connait un développement touristique important (contrairement à sa voisine Las Galeras où nous sommes alles en bateau). Il y a quelques dizaines d’année des français ont trouvé l’endroit charmant et s’y sont installés. Aujourd’hui, l’essor touristique est palpable, des petites résidences très chics sortent de terre, les quads envahissent le centre ville, banques et boutiques d’immobiliers côtoient les magasins de souvenir. Mais, il reste du charme et on est encore loin de Punta Cana et ses kilomètres d’Hotel all inclusives. Et pour nous c’est l’occasion de déguster une bonne glace et trouver d’authentiques baguettes françaises !

Las Terranas

Au prochain numéro : visite de Santo Doninguo (la capitale de la République Dominicaine) et au revoir aux copains, avant de continuer notre route plus au nord vers les Turc and Caicos.

A bientôt pour de prochaines nouvelles,

Les Lolita’s

Les astuces du voyageur

Pour les navigateurs voulant passer en République Dominicaine, quelques astuces pratiques :

Arrivée à Puerto Bahia, une marina juste après Santa Barbara de Samana sur la nord de la baie de Samana. Accueil vraiment impeccable de l’équipe sur place, emmenée par Gavi le harbour master.

Un port encore bien vide, pas besoin de résa

La place de port n’est pas donnée : 65 USD, mais ca vaut le coup après une bonne nav. En premier lieu, les formalités se font sur place, et c’est bien pratique car vous avez trois administrations à visiter : immigration, douane et marine nationale – Armada. Il vous en coutera 25 USD par personne soit 120 USD pour nous 5. On se demande bien ce qu’ils font de leur journée, car la marina est déserte, nous sommes seulement une petite dizaine de voiliers sur place, dont 4 arrivés le même jour, un record !

Deuxième bonne raison pour atterrir dans ce petit port (malgré son côté prison dorée ou un peu ghetto bling bling), ce sont les services auquel vous avez gratuitement accès : à la somptueuse piscine à déversement donnant sur la baie, aux salles de jeux pour petits et grands. Une buanderie (6USD lavage/échage, mais en pratique pour démarrer la machine il faut faire se toucher 2 fils) une petite supérette (pour appoint seulement) et du WI-FI gratuit assez bon selon les endroit. Dommage que le bar ne soit pas compris dans le package !

Troisième bonne raison, c’est un excellent point de départ pour les deux curiosités du coin : le parc naturel des Haiteses, au sud ouest de la baie de Samana et l’observation des baleines, à l’entrée de la baie. Par ailleurs, c’est également bien pratique pour refaire eau, électricité (si vous avez le bon embout), et gazoil.

Gaz : attention, embout spécifique requis ; il s’agit des embouts américains.  Il existe des adaptateurs pour remplir vos bouteilles de gaz butagaz. Attention, le butane n’existe pas ! c’est propane ou rien.

Formalités :

  • Cartes de tourisme (payées au harbour master) : 10 USD par personne (valable pour tout le séjour) ;
  • Immigration et douane : aucun souci. Si vous restez moins de 30 jours, vons ne paierez que 25 usd par personne.  prévoir des dollars USD car l’immigration.
  • Armada : un peu plus compliqué, mais au final, on s’est aperçu que c’était assez simple : En effet, en République Dominicaine, vous avez besoin de « despachos », des permis de naviguer. Au terme d’une discussion d’une heure, j’obtiens le despacho Baie de samana / Haitesees. Au final, on est parti pendant une semaine. Les despachos fonctionnent de la manière suivante : c’est un permis de naviguer de port en port. Mais, entre ces deux ports, vous pouvez mouiller dans les lieux que vous souhaitez.

Les destinations à faire :

Haiteses : exceptionnel ! une petite baie d’Along et des grottes exceptionnelles à découvrir, qui étaient les lieux d’habitation des anciens indiens Tainos, réfugiés dans ces grottes au XVième siècle. Officiellement vous ne pouvez y rester que deux nuits. La visite des grottes est exceptionnelle. Vous y accédez pour l’une d’entre elles (Cuevas de la linas) par une petite rivière slalomant au cœur de la mangrove. Le débarquement est sommaire. Y aller de préférence tot le matin ou en fin de journée, lorsque cesse le balai des embarcations touristiques (il y en a beaucoup). Prévoir 100 pesos / personne à remettre au ranger. En théorie, lL’Armada limite le temps d’escale à 2 nuits dans les Haiteses. Vue le faible nombre de bateaux, les motivations sont dures à comprendre. D’ailleurs nous n’avons été contrôlés par l’Armada. Possibilité d’alterner les mouillages entre la Bahia de San Lorenzo, derrière la petite île et le dock en ruine (de là vous pouvez aller visiter les grottes et remonter les rivières en annexe) ; possibilité de se mouiller aussi dans l’Enenada del Naranjo plus dans l’Ouest, c’est très calme, le coup d’œil est superbe.

Playa del Rincon et bahia de las Galeras, dans la grande Bahia Escocesa (uniquement si la météo le permet = pas de vent ou par vent de secteur sud, la baie étant ouverte au nord est).

La plage del Rincon, au fond de la baie est vraiment exceptionnelle. Environ 3 km de plage blanc, avec un récif coralien à l’est de la plage, et des petits resto bars à chaque extrémité. Nous y sommes allés profitant d’un trou d’air des alizés.

Las Galleras ; on s’est mis entre le récif et la côté, à l’abri d’un petit ilot, à quelques 100 de mètres de la plage. Fond : sable sur corail. Attention la tenue n’est pas excellente. Le vent est rentré d’un coup, alors que nous déjeunions dans un restaurant de la plage. L’embarquement fut un peu olé olé car la houle se lève vite ! En tout cas supère escale ! décor de rêve et resto bien sympathique – 700 pesos la langouste, 400 le poisson à la sauce coco. Et frites maison ! miam.

Cayo Levantado : Petite île à l’entré de la baie avec une jolie plage de sable blanc. Attention, en journée les paquebots ou bateaux de touriste déversent leur flot de touristes. Possibilité de mouiller près de la plage (désertée vers 17h30) dans 6m de fond (sable)  Abri correct selon orientation.

Santa Barbara de Samana : mouillage près de la ville, attention aux Cayes en rentrant. Pratique pour se ravitailler, possibilité de faire les papiers d’entrée/sortie là bas

4 réflexions sur “République Dominicaine – Baya Samana : des amis et des baleines

  1. EMMANUELLE BERTHE

    Merci beaucoup pour ces belles photos, ce beaux récit et tous ces sourires !
    Cela fait du bien de voir ces bons moments sous notre grisaille parisienne !

    Super ! Contente pour vous que vous avez pu partager une partie de votre voyage avec vos amis Valérie et Samuel ainsi que leurs deux enfants Simon et Léanne … Revenez plein de souvenirs !

    Je vous embrasse à bientôt
    Manue

    Aimé par 1 personne

  2. Gg

    Ah!!!! Pour la première ( et unique !) fois je peux dire que je connais un des endroits paradisiaques que vous évoquez! Il y a longtemps maintenant nous avons passé notre voyage de noces à Punta Cana… à l’époque les français arrivaient tout juste … nous avions été jusqu à la cascade à cheval… que de souvenirs revenus grâce à vous… profitez bien les amis. Bises

    Aimé par 1 personne

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